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jeudi 5 juillet 2007

Lettre ouverte à tous les voleurs de femmes





Dom Juan des cités, anonyme prédateur,
Homme marié, vil trompeur,
Pour une nuit, pour t’enivrer,
Au fond du puits, gît l’épousée,
Sous les draps, tu l’as conquise,
Avec un rat, elle s’est commise,
Tu brandis un trophée d’où saignent des cornes,
Un homme, au front est blessé, sa figure est morne,
Au fond du puits, gît l’épousée,
Au fond de lui, tout est maculé,
Dans ses entrailles, grouillent les rats,
Les belles canailles, les scélérats,
Ceux qui, comme toi, aux aigles pareils,
Ont mangé le foie de Prométhée, en sommeil.
Les miroirs ont beau se briser sous tes yeux,
Ta conscience à beau s’enliser dans ton pieu
Au fond du puits, gît ton honneur,
Ta lumière pâlit sous tes ardeurs,
Au fond tu puits, tu finiras,
La femme et son mari t’y attendent déjà.







jeudi 17 mai 2007

Transcendance

Transcendance. Le mot et lâché ! Le saint Graal, la quête d’un état.
Mieux que le bonheur, mieux que l’extase : connaître la transcendance.
Entrer en contact avec les vibrations du cœur tout puissant.
Où te caches-tu ?
Vers quel lieu mouvoir mon corps ?
Vers quelle lumière mouvoir mon âme ?
Sous mes pieds tout est si plat.
Pour t’aller débusquer, l’amour même se refuse à m’accompagner.
Donner, partager, mais… vivre au dessus de sa tête, inspirer jusqu’à éclater.
Comment faire pour accéder à l’épanouissement total ? Au sourire béat qui illumine le monde ?
Au diable les claques et les camouflets !
Fi des déceptions et des raisonneurs !
Le Romantisme pour seule arme ! L’amour ! La mort ! La passion ! La fougue ! Lancées à vive allure ! Cavales débridées au train d’enfer sur les grands chemins torturés !
Bestialité indomptable, instinct déraisonnable qui se repaît d’aimer l’homme, la femme, l’enfant, l’humanité.

samedi 9 décembre 2006

Amour ou jalousie ?!



Trois heures du matin.
Les cornes de l’angoisse tourmentent ses tripes enchevêtrées comme des anguilles.
La raison ne parvient pas à triompher du sentiment.
L’expérience est insupportable.
Fermer les yeux serait plonger au milieu de leurs ébats réels… ou bien fictifs, peu importe.
Elle est là-bas, avec lui, ils sont ensemble, l’un en l’autre ou l’un à côté de l’autre, unis dans la chair, unis par le regard, complices du sourire, complices des fous rires.
Est-ce bien là de la jalousie ? Non, c’est de l’amour.
En tout cas, ça comprime le souffle, ça suffoque, ça étouffe, ça fait jurer, ça fait maudire.
Et pourtant, elle en a le droit, il le lui a accordé. Il a le premier transgressé les liens sacrés.
Alors pourquoi cette haine ?
Pourquoi cette colère ?
Pourquoi cette intolérance ?
Pourquoi ce mal-être si profond ?
Revenir en arrière, tout effacer. Cela ne servirait à rien.
Ils se sont avoué que, de toute manière, ils allaient dans le mur, alors !
Plus de croix affichée entre les seins, trop de symboles, trop de caresses sous ses yeux, jaloux de son trésor.
Cette croix blanchâtre, claire, laiteuse, cette croix d’albâtre, d’ivoire, de mains, de bouches, de corps, de sang qui pulse, de cœur qui bat ! Plus de croix visible ! Plus de présence de lui, lui d’évidence !
Plus de prénom, plus d’identité.
L’invisible, le secret, le comme si, le jamais… il va falloir y penser.
Il ne veut pas savoir, il ne veut rien savoir, il veut l’oublier, lui, pour la retrouver, elle, et croire qu’elle est encore sienne.
La même passion, que celle qui rugit pour l'autre Elle, sort ses cris pour sa femme.
Il l’aime, il les aime, comme il l’aime!

Quatre heures du matin, il vient de parler à l'autre Elle.
Un bouche à bouche salutaire. De l’oxygène !!!
L’air vicié de la haine, l’air putride de la jalousie s’est un peu fait grignoter.
Et, pourtant… cependant, il espère qu’elle a vécu ce qu’elle avait à vivre, ça lui arrache la main d’écrire ça !
Il ne la blâme pas. D’ailleurs, c’est plus fort que la raison, c’est plus fort que lui, c’est plus fort que tout, ça ne se discute même pas.
C’est le cœur qui saigne, même si on lui avait parlé au cœur, avant ; même si on l’avait prévenu ! Il était au courant, il faisait son malin ! Mais là… il ne rigole plus le cœur là, hein ?!
Il fait moins son fier ! Allez, va te coucher.
Comment réagiras-tu quand elle rentrera ?
Comment la regarder ?
Comment ? Comment ? Comment ? Il verra !
L’amour a toutes les réponses, s'il est fidèle, il l ‘aidera à supporter tout ça.


vendredi 1 décembre 2006

Dove andiamo ?

Tu mi stai scappando via
Le tue stramberie sono lusinghe
Io non ti posso accontentar
La tua salvezza non è plurale…

jeudi 30 novembre 2006

Boniface !

Réveil salvateur ! C’est un cauchemar traumatisant qui a accompagné mes dernières heures de sommeil. Il l’avait quittée et sortait à présent avec Rebecca. Le seul fait d’écrire ces mots me révulse, j’enrage, le meurtre m’anime !
La table est mise : Repas familial. Je ne suis pas présent. Les fiancés ne sont pas assis côte à côte. La blondine est en short et tee-shirt. Tout le monde bâfre et rit. J’arrive. Je me gare. Je gravis l’escalier qui conduit à la table et je l’entends, lui, dire qu’il allait épouser Rebecca. Je cherchai du regard l’ange affoli ; la promise baissait la tête, bachelette bégaude, tu consentais à cette union contre nature sans mot dire.
Le rouge de la pudeur envahissait ses joues mafflues, tandis que ce rustaud continuait son discours sur un ton paterne. Cet avorton blèche s’enhardissait au fur et à mesure.
Je ne pus endurer cette épreuve. Tes parents riaient.
La blondine quitta la table soudain, sans tristesse ni gaieté, emmurée dans son éternelle indifférence.
Je criais, je pleurais, je disais que ce n’était pas possible, qu’il fallait qu’il charme, une fois de plus, ce serpent ! Rebecca ne parlait toujours pas. Elle partit.
Il se leva pour l’aller embrasser… C’en était trop !
Mais le coup de grâce allait arriver : Rebecca revint revêtue de l’habit nuptial blanchissant tout sur son passage. La robe immaculée lui seyait à ravir.
Lorsqu’il la vit, le nabot se jeta sur la belle nicette et l’embrassa goulûment comme il soûlait embrasser sa promise auparavant.
Quel cauchemar !!! Et au lieu de me réveiller je m’enfermais dans cette réalité fictive.
Mon cœur était déchiré, broyé ; je n’avais plus assez de larmes, ma voix s’enrouait à force de cris, mes boyaux se tordaient de douleur à cette vue insoutenable !
Je réussis à parler à Rebecca, mon état ne l‘émut point.
- « Je peux te parler franchement comme je l’ai toujours fait ? »
- « Non, plus maintenant ».
Et ce sommeil qui ne voulait plus finir !!!
Quel supplice.
Elle riait, ses dents gélasines affichaient toute leur candeur. C’est au moment où ils allèrent sur l ‘herbe pour faire des photos qu'enfin je me réveillai, certainement recru et dépité.
Sa joliesse s’était envolée sur les lèvres de cet attrape minette. Boniface, tu riais un peu trop fort à mon goût. Il est certain que j’aurais accourci au plus tôt ton corps de farfadet si mon cauchemar eût continué. Un simple coup d’épée et on l’aurait vue rouler, ta tête hérissonne dont le rire gras résonnerait encore sur les pentes salébreuses conduisant aux thyrses d’où jamais l’on ne revient.


lundi 27 novembre 2006

L'adieu

Notre ami a repris sa place auprès de nous, paisiblement.
Comme devant, sa voix grave tonne à nos oreilles.
Quelques œillades profondes, un rire qui se trémousse, rien n’a changé, tout est retrouvé, le fleuve Léthée s’est tari, notre ami a resurgi.
Cassis nous a accueillis comme ses enfants, de chaudes journées où la mer est claire, suivies de tièdes soirées où les braisent s’attisent.
Qu’elles furent douces ces soirées ! Le brasier, une fois éteint, les cordes vibraient sous les doigts de l’artiste, les voix caressaient la nuit veloutée, les regards se gonflaient d’amour : le brasier n’était pas mort, il brûlait toujours.
Celui qui, à présent, aligne ces courbes bleues sur ce papier, écoute le vent mugir ses adieux, il a vu la pluie ensevelir les amoureux, il connaît le cri des cœurs qui saignent par les yeux.
En silence, il écrit, dans « cette chambre noire », le vague à l ‘âme l’inonde peu à peu.
La biche dort «dans cette chambre noire », elle «a fermé les verrous » du désespoir.
Le vent, dehors, sèche les pleurs de l’intérieur.
Le félin, lui, sommeille, la tête appuyée contre la vitre mouillée, bercé par son voyage, il s’éloigne…
Leur ventre se noue, leur gorge se serre, des spasmes engendrent le frisson, la vie c’est trop con !
Demain il fera beau, nous partirons tous les trois. Mon amour, toi, tu es là, nous brûlons du même bois, mais lorsque ma sœur sanglote, j’ai froid. Je voudrais pouvoir la réchauffer, lui rendre sa joie.
Bientôt, comme le disait Schopenhauer, nous lirons à nouveau le livre dans l’ordre établi, la page deux, puis la page trois, le désordre était parfait, pourquoi ne dure-t-il pas ?

L’adieu de la biche

Mon âme sombre dans la clarté de nos chimères
Un dernier signe de ta part, puis, « au revoir »
Lors, les wagons s’engouffrent dans les entrailles du pays
Un dernier souffle de mon cœur tandis que les flots de larmes saignent sur les pierres glacées par la rébellion du ciel.